Blogue

La réponse à vos questions en matière d'entraînement et de nutrition
20 Décembre 2018 à 10:30
Dans la peau de: Nicolas Côté, ex gardien de but sur luge pour le Canada
Dans la peau de: Nicolas Côté, ex gardien de but sur luge pour le Canada
Description

Le parcours inspirant de cet athlète du Lac-Saint-Jean qui a représenté son pays.    

Calibre : Développement Canada Hockey Luge

Position : Gardien de but

 

Comment as-tu réussi à te joindre l’équipe canadienne?

Le processus de sélection pour l’équipe canadienne a débuté quand j’étais avec l’équipe du Québec. En effet, j’ai joué 1 an avec cette équipe. Cela a fait en sorte que l’équipe canadienne a entendu parler de moi. Par la suite, ils m’ont fait pratiquer avec eux durant 3 fins de semaine à Montréal pour finalement m’envoyer une invitation pour le camp d’entrainement dans l’équipe de développement. Le tout s’est très bien déroulé et ils m’ont sélectionné sur l’équipe.

Le support que j’ai eu est vraiment venu de l’équipe Québec et le responsable Maxim Gagnon.

 

Quel est ton plus beau moment avec l’équipe du Canada?

Mon plus beau moment c'est le sentiment de fierté que j'ai eu quand j'ai porté le chandail de l’équipe Canadienne avec mon nom d’inscrit dans le dos. C’est un sentiment indescriptible.

 

À ce moment, quels entrainements et routines réalisais-tu?

Le type d’entrainement avec l’équipe canadienne était :

- Beaucoup de glace

- Beaucoup de cardio en dehors de la glace

- Renforcement du tronc et des épaules

Personnellement, je me suis aussi beaucoup amélioré avec les entrainements spécifiques à ma condition de Jonathan chez Adrénaline et ses conseils alimentaires :

- Activation spécifique pour les épaules.

- Musculations pour le hockey luge et spécifiques à moi

- Entrainements cardiovasculaires

- Alimentation et supplémentation en fonction de mes besoins

 

Pourquoi as-tu décidé d’arrêter ce sport?

J’ai pris la décision d’arrêter, car mon handicap me limitait vraiment par rapport aux 2 autres gardiens sur l’équipe canadienne qui sont amputés. Dans leur cas, ils peuvent se servir de leurs jambes amputées pour se lever et se déplacer. Considérant ça, cela m’enlève beaucoup de chance étant donné ma paralysie au niveau du nombril.

C’est triste qu’il n’y ait pas de système de pointage comme au basketball, car ce serait plus juste et ça deviendrait un sport beaucoup plus adapté.

 

Peux-tu nous expliquer ton accident et le déroulement par la suite?

Je suis Charpentier-menuisier de formation. À ce moment, je travaillais à la Romaine 2 pour le consortium Demathieu et Bard Nordex. Nous coulions le béton autour et par-dessus les turbines en utilisant des panneaux de coffrage de 16 pieds par 24 pieds qui nous servaient de muret pour bloquer le béton. Nous en étions à la dernière coulée à environ 35 pieds de haut et nous devions remonter les panneaux pour cette dernière coulée. J’étais sur la passerelle d’un panneau tandis que mes compagnons de travail étaient sur l’autre panneau à côté qu’ils avaient attaché au pont roulant pour le remonter. Au même moment, mon panneau s’est détaché et j’étais attaché sur celui-ci. Le seul réflexe que j’ai eu a été de me tenir sur les barres d’armature qui était coulée dans le béton du panneau. Par contre, je n’ai pu me retenir en raison de mon harnais attaché à celui-ci et je suis tombé avec lui.

Je me suis cassé 5 côtes et la colonne vertébrale au niveau D8-D9. J’ai été transporté en ambulance à l’hôpital de Sept-Îles afin de passer une batterie de tests pour constater l’ampleur de ma blessure. Ensuite, ils ont fait venir un avion qui m’a transporté jusqu’à Québec à l’hôpital l’Enfant-Jésus. J’ai été opéré le lendemain matin et ils ont constaté ma paraplégie.

Ensuite, il y a eu le processus de deuil, la réhabilitation où j’ai passé 2 mois au centre de réadaptation Francois-Charron de Québec, l’ergothérapie, la physiothérapie, la psychologie et les suivis médicaux. Suite à cela, j’ai été transféré chez ma mère et j’ai continué ma réadaptation au CRDP de Jonquière 3 fois par semaine durant 8 mois.

Pendant la réhabilitation, on ne se rend pas vraiment compte de nos limitations. C’est en sortant dans la neige, avec les marches… qu’on frappe un mur. Il y a aussi le regard des gens. Ce n’était pas une habitude pour moi et j’ai trouvé ça difficile, mais j’ai passé par-dessus.

 

Avant ce moment, explique-nous ton parcours de hockeyeur :

Avant mon accident, j’ai eu la chance de jouer 17 ans au hockey comme gardien de but. J’avais donc des bonnes bases pour le hockey sur luge.

D’Atome à Junior, j’ai eu la chance de gagner plusieurs trophées personnels et d’équipe toutes les années. À tous les âges, j’ai participé à la Coupe Dodge (le gagnant des séries du tournoi de fin de saison avec les meilleures équipes de chacune des régions). Nous l’avons gagné au niveau Pee-Wee et perdu au niveau Junior en final. Ce sont dans mes plus beaux moments comme équipe. Il y a aussi eu le Tournoi international de Québec dont j’ai eu la chance de participer.

Au niveau personnel, je suis aussi bien fier d’avoir eu la meilleure moyenne à plusieurs reprises durant ce parcours.

 

Tes objectifs futurs dans le monde du sport :

Je pars en janvier en Floride pour aller m’entrainer en vélo de route. Je ne me suis pas fixé d’objectif. C’est surtout pour reprendre la forme et peut-être faire quelques courses l’été prochain. Par la suite on verra...

 

Pour terminer, j’encourage chaque personne à sourire et dire oui à la vie, peu importe les obstacles. On doit se relever même si ce n’est pas toujours facile. Rester positif est la clé du succès. N’ayez pas peur de parler, de vous ouvrir et de bouger. Moi, ma petite pilule c’est le sport!

 

Kinésiologue, DESS Nutrition
Partagez sur