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La réponse à vos questions en matière d'entraînement et de nutrition
27 Septembre 2018 à 14:00
Dans la peau de: Jeremy Girard, athlète de natation calibre national
Dans la peau de: Jeremy Girard, athlète de natation calibre national
Description

12 questions sur ce jeune athlète provenant du Saguenay Lac-Saint-Jean qui compétitionne en natation contre les meilleurs au monde.

Classement canadien en brasse 100m : 4e

Classement mondial en brasse 100m : Top 30

Club de natation actuel : Neptune Natation Senior National

Études universitaires : Kinésiologie

 

Tu compétitionnes dans 2 catégories différentes. Explique-nous cela : 

Oui effectivement, car j'ai ce qu'on appelle un "pied bot". C'est un handicap que j'ai depuis la naissance. Rapidement, quand je suis né, mon pied faisait un tour sur lui-même. J'ai donc subi une opération afin de remettre mon pied dans la position désirée. La majeure partie du mollet a été "retirée". Il y a plusieurs mouvements que je n’arrive pas à faire avec mon pied gauche.Plusieurs personnes m'ont souvent jugé et se sont moquéesde moi. J'ai toujours ignoré ce genre de comportement C’est pour cette raison que j'ai suivi une batterie de tests et que SWIMMING CANADA a jugé que j'étais un athlète paralympique de niveau SB9. Cependant, j'ai toujours continué à m'entrainer et à compétitionneravec les athlètes génériques (athlètes sans handicap). Je participe donc à des compétitions en natation et en paranatation avec les meilleurs nageurs au Canada.

Ce qui me fait bien rire, en toute humilité bien sûr, c'est que j'ai toujours dominé dans les tests physiques dans mes équipes sportives élites et à l’école. J'ai toujours été en avance. Ces personnes se moquaient en sachant très bien que même avec un mollet en moins je dominais les tests. Je n'en veux pas à ces personnes puisque sans eux, je ne crois pas que je serais l'athlète que je suis aujourd'hui. Ils m'ont permis de toujours vouloir me dépasser. Je suis la preuve du fameux dicton: «Quand on veut on peut».

 

À quel âge as-tu commencé à nager et pourquoi?

J'ai commencé à nager assez tard, puisque j'ai toujours joué au hockey et accordé beaucoup d'importance à ce sport. J'ai commencé à nager vers l'âge de 13 ans. Ce qui m'a incité à me concentrer sur la natation plutôt que sur le hockey est sans aucun doute les prouesses de l'athlète olympique le plus décoré, Michael Phelps.

 

À partir de quel moment as-tu commencé à voir que tu avais du potentiel dans ce sport?

À ma première compétition de natation, je commençais tout juste à nager et j'avais participé à une compétition régionale. Je m'étais démarqué en remportant la médaille d'or dans chacune de mes courses dans ma catégorie d'âge. Je nageais dans la catégorie générique (sans handicap).

 

Parle-nous de ton partenariat des casquettes avec Adrénaline pour aider le financement de tes compétitions en 2017-2018 :

J'ai découvert l'entreprise Adrénaline par internet il y a plus d’un an. J'ai tout de suite été très curieux et attiré par la compagnie que je croyais située loin du Lac-Saint-Jean. J'ai contacté Jonathan afin de me renseigner sur ce qu'offrait l’entreprise pour les athlètes. Ça m'a pris quelques minutes seulement pour savoir que je voulais m'associer avec lui afin d’optimiser mon potentiel. Le tout s'est fait très rapidement. Quelques jours plus tard, tous mes tests de mouvements fonctionnels FMS et spécifiques étaient effectués, mes conseils alimentaires, mon programme d'activation spécifique ainsi que mon programme d'entrainement. J'ai rapidement vu le sérieux de Jonathan.

Nous avons d'ailleurs développé un projet l'automne dernier. Notre projet de financement consistait à vendre des casquettes qui mettaient en valeur l'entreprise Adrénaline et moi-même afin de m’aider dans mes compétitions. Les profits amassés ont servi/servent à m'aider à diminuer les prix des compétitions de grandes envergures à l'extérieur. D'ailleurs, les casquettes Snapback Adrénaline/Jeremy Girard Natation sont toujours en vente chez Adrénaline!

 

Pourquoi la kinésiologie?

J'étudie en kinésiologie à l'UQAM. Un jour, on m'a dit : «Choisis un métier que tu aimes, et tu n'auras pas à travailler une seule journée de ta vie». Voilà pourquoi je veux pratiquer le métier de kinésiologue.

 

Tes habitudes d’entrainement ressemblent à quoi durant une semaine normale actuellement : 

Depuis quelques mois, j'ai quitté le Lac-Saint-Jean pour la grande métropole de Montréal. Je m'entraine avec Neptune Natation au Stade Olympique dans le groupe National Senior. Je dirais que je consacre la majorité de mon temps à l'entrainement. Je m'entraine le matin à la piscine de 6h00 à 7h30. On retourne dans l'eau l'après-midi de 2h00 à 4h00. Ensuite, on se dirige à l'INS (l'Institut National du Sport) dans le Stade Olympique pour une séance de musculation spécifique. Le samedi, c'est 2 entrainements en piscine seulement,un le matin et un l'après-midi. À cela, il faut ajouter le dryland et les séances d’étirement 2 fois par semaine. On est en début de saison donc on est en période de réadaptation et de remise en forme donc c'est plutôt progressif. J’estime que je vais m'entrainer 25-27h par semaine d'ici quelque temps.

 

Tes forces et tes lacunes dans les différents types de nage en natation :

Ma nage préférée est la brasse. Je dois absolument travailler sur mon kick, puisqu'il me fait perdre un temps précieux. Heureusement, j'ai un haut de corps très fort pour compenser.

 

Parle-nous de ton nouveau club et les professionnels autour de toi : 

Malgré les nombreux sacrifices que je fais pour être ici, j'adore mon nouveau mode de vie. C'est extrêmement motivant de s'entrainer à côté d'athlètes qui sont déjà dominants sur la scène internationale. J'ai aussi la chance d'être entouré et propulsé par des professionnels hors pair. Que ce soit le coaching «staff» sur le bord de la piscine, en musculation ou même les médecins sportifs, nous sommes extrêmement chanceux d'avoir accès à tous ces services. Je peux dire que j'ai la chance et l'opportunité de vivre la vie d'athlète. Nous sommes encadrés par les professionnels de l'Institut National du Sporten préparation physique, en réadaptation physique, en psychologie sportive, en médecine sportive et plusieurs autres.

 

Tes compétitions en 2019 :

Cette année, c'est une saison qui sera très chargée en compétitions. Parmi les plus importantes, je participerai au U.S OLYMPIC SWIMMING CHAMPIONSHIP CAN AM à Phoenix en Arizona au mois de décembre. En mars, je vais tenter de remporter la Coupe du Québec. En avril je vais tenter de monter sur le podium aux Championnats nationaux à Toronto, et de remporter l'or au Championnat canadien de l'Est(Eastern). En juin, c'est le SAMAK INTERNATIONAL au Parc Jean Drapeau qui servira aussi de test pour la Coupe du Québec d'été à Gatineau qui se déroulera en juillet et les Championnats canadiens d'été à Winnipeg le mois suivant qui sera le championnat de sélection pour l'équipe nationale au Championnat du Monde en 2019. Nous avons plusieurs autres compétitions, mais on y accorde habituellement un peu moins d'importance.

 

Ton idole en natation :

J'hésite entre Michael Phelps et Adam Peaty. Je penche plus vers Phelps parce qu'il est à mon avis beaucoup plus complet que le Britannique.

 

As-tu une routine avant une compétition importante?

Ma routine avant une compétition est plutôt simple. J'aime être seul et pouvoir me concentrer et visualiser ma course. Je veux : musique, vêtements très détendus, être seul dans les estrades et observer la piscine. Entre les périodes qu'on appelle préliminaires (vagues de sélections d'athlètes qui se classeront en finale) et les finales, la piscine est complètement vide. Les athlètes se dirigent souvent à l'hôtel afin de dormir et se reposer. Je crois être le seul athlète qui préfère rester à la piscine. Une heure avant que la compétition débute, je vais réaliser mon activation musculaire spécifique avant d'aller m'échauffer dans l'eau.

 

Quels sont tes objectifs à long terme avec la natation et tes études en kinésiologie?

Mes objectifs à long terme sont de garder la motivation et de continuer à aimer mon sport. C'est effectivement très "plate" comme objectif, mais je me rends compte depuis que je suis ici que certains athlètes à potentiel élevé arrêtent la natation bien avant d'avoir fait de grandes choses. C'est un sport tellement exigeant, qui demande tellement de discipline, de volonté, de motivation et de sacrifices. En raison de cela, beaucoup d’athlètes s'entraînent comme des monstres, des machines et le corps et l'esprit finissent par lâcher. Alors l'athlète n'a plus aucun intérêt pour le sport et se dirige dans d'autres projets. Ce n’est pas que je trouve cela mauvais, mais je trouve dommage de «gaspiller» un tel talent. Évidemment, être sélectionné sur l'équipe canadienne pour Tokyo en 2020 pour les prochains Jeux est mon plus grand rêve, mais je préfère me concentrer sur ce que je dois faire dans le moment présent et mettre mon énergie aux bons endroits.

Pour ce qui est du «coaching», j'aimerais éventuellement, après ma carrière d'athlète, être préparateur physique pour une équipe de sport professionnel. Je vais par contre commencer par terminer mon Bac à l'Université. Je vais par contre commencer par finir mon BAC à l’Université et je pourrai ensuite envisager d’autres projets. 

 

Kinésiologue, DESS Nutrition
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